Le processus d’invasion biologique d’une espèce exotique suit plusieurs étapes successives correspondant au franchissement de barrières écologiques :
1 Introduction : l’espèce franchit une barrière géographique (océan, mer, montagne...) pour sortir de son aire naturelle et arriver dans un nouveau territoire.
2 Acclimatation : elle rencontre une barrière environnementale et doit survivre aux nouvelles conditions (climat, sol, eau, concurrence, pathogènes…).
3 Naturalisation : en franchissant la barrière reproductive, la plante forme des populations stables sans nécessiter d'intervention humaine.
4 Expansion (ou invasion) : si l’espèce franchit la barrière de dispersion, l’espèce se propage dans de nouveaux secteurs, colonise de nouveaux milieux pour atteindre la pleine phase d’envahissement : c’est une plante exotique envahissante, encore appelée plante invasive.
Sur la somme des plantes exotiques introduites sur un territoire, une petite part a la capacité de se naturaliser avant de devenir envahissante. La durée de chaque étape varie suivant les espèces.
La majorité des plantes exotiques de Nouvelle-Aquitaine ont été introduites volontairement par l’humain. Ces introductions concernent aussi bien des plantes terrestres qu’aquatiques et couvrent de multiples usages :
des plantes exotiques présentes en Nouvelle-Aquitaine ont été introduites volontairement par l’humain
D’autres espèces sont arrivées accidentellement, transportées avec des matériaux, des marchandises ou par les flux logistiques modernes :
Les plantes exotiques envahissantes empruntent de multiples vecteurs pour se disperser.
Les réseaux de transport — routes, voies ferrées, ports ou zones logistiques — agissent comme de véritables corridors biologiques, facilitant l’installation d’espèces à graines légères dans les friches, remblais ou zones en chantiers.
Les réseaux hydrographiques, tels que les rivières, canaux et zones humides, jouent également un rôle majeur : les espèces aquatiques comme les jussies (Ludwigia spp.) ou la Vallisnérie australe (Vallisneria australis) utilisent les courants, la faune ou les équipements de loisir pour coloniser de nouveaux milieux, notamment dans la vallée de la Garonne.
Enfin, des facteurs naturels comme le vent (anémochorie), les animaux (zoochorie) ou les courants marins contribuent à la dissémination de graines, parfois sur de longues distances, bien que la germination reste rare après immersion prolongée.
Intensification des échanges commerciaux et touristiques, fragmentation et dégradation des milieux, multiplication des axes de circulation, changement climatique… Les invasions biologiques sont avant tout le reflet des activités humaines qui facilitent la dispersion des espèces exotiques naturalisées.
Le changement climatique agit comme un facilitateur des invasions biologiques :
Si le changement climatique n’est pas à l’origine des invasions, il contribue néanmoins à réduire les barrières à l’introduction et à la propagation, accélère certains processus et élargit les zones potentiellement colonisables par les espèces exotiques.